- Maison de beauté -
Cet hôtel particulier situé dans le 16ème arrondissement de Paris, datant du début du XXᵉ siècle a connu plusieurs vies, successivement ambassade puis habitation. Lors de notre arrivée, la dernière rénovation complète, réalisée il y a une vingtaine d’années, avait effacé la majorité des éléments témoignant de son histoire. Les espaces, neutralisés, ne laissaient plus apparaître les qualités architecturales d’origine ni l’identité du bâtiment.
Le projet a donc consisté à redonner une lecture cohérente au lieu, en s’appuyant sur son époque de construction et en proposant une intervention contemporaine, sobre et respectueuse de son caractère. Pour sa nouvelle vie, cet hôtel particulier s'est transformé en cabinet de chirurgie esthétique. Une maison dédiée à la beauté du visage et au bien vieillir.
L’enjeu principal du projet a été de rompre avec l’image institutionnelle et impersonnelle souvent associée aux espaces de consultation médicale. L’architecture intérieure a ainsi été conçue comme un lieu de vie, inspiré de l’univers domestique, où le visiteur est accueilli comme dans une maison plutôt que dans un établissement médical.
Le salon d’attente principal a été conçu comme un espace de réception chaleureux, articulé autour d’une vaste bibliothèque, de canapés généreux et d’une cheminée décorative.
Les cabinets de consultation prolongent cette intention : loin de l’esthétique clinique, ils prennent la forme de bureaux privés, feutrés et intimistes, favorisant une relation de confiance et de sérénité. Chaque espace participe à cette sensation d’appartenance, comme si l’on pénétrait dans la maison du chirurgien lui-même.
Le rez-de-chaussée et le 1er étage sont dédiés à l'accueil des patients et au cabinet du docteur Marchac. Le 2ème étage accueille ses collaborateurs, spécialisés en medecine esthétique. Enfin, le dernier étage est consacré à My Face Care, un centre de soin de la peau.
Le projet accorde une place essentielle au choix et à la mise en œuvre des matériaux. Le bois s’impose comme le fil conducteur de l’aménagement : revêtement en bois debout ou parquet, bibliothèques intégrées et autres menuiseries sur mesure, choix des mobiliers participent à une lecture cohérente et enveloppante des volumes.
Le travertin introduit une note minérale, à la fois douce et intemporelle. Utilisé avec parcimonie, il dialogue avec le bois et équilibre la composition par sa texture et sa sobriété.
La palette chromatique, tout comme le choix des peintures et des finitions, a fait l’objet d’un travail minutieux afin d’éviter toute sensation d’espace aseptisé. Les tonalités, volontairement nuancées et lumineuses, contribuent à créer une atmosphère apaisante, propice au bien-être.
Le bâtiment, édifié au début du XXᵉ siècle, présente une identité architecturale marquée, notamment à travers sa façade et son escalier d’origine, empreints de références Art Déco. Plutôt que de les effacer, le projet s’appuie sur ces éléments patrimoniaux pour nourrir la conception intérieure.
L’Art Déco est ainsi réinterprété de manière contemporaine, à travers l’utilisation de courbes élégantes, de lignes structurées et de détails décoratifs raffinés, intégrés avec justesse dans les espaces. Cette écriture architecturale se développe dans le dessin des arches, des portes, des bibliothèques.
Le projet est enrichi par l’intervention d’artistes, notamment la vitrailliste Caroline Pregermain (Atelier Saint Didier) et le sculpteur céramiste Laurent Dufour, dont les œuvres apportent une dimension sensible et singulière. Ces interventions artistiques ponctuent les espaces et renforcent le caractère unique du lieu, tout en s’inscrivant harmonieusement dans le langage architectural global.
Un travail de recherche a été effectué avec les clients, pour dénicher des pièces de verrerie traditionnelle française des années 1920, créées par Leleu, Degué ou les frères Muller.
19/09/2025
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